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Crise agricole : le dialogue entre agriculteurs et experts de l'écologie est-il possible ?

Le regard de Régis Briday, chercheur chez Koncilio. • Titulaire d’un doctorat en histoire contemporaine des sciences et des techniques, Régis a travaillé pendant 15 ans dans l’Enseignement supérieur et la recherche publique. Il a analysé et évalué les politiques publiques et l’innovation relatives aux pollutions atmosphériques et leurs effets. Chez Koncilio, il se charge notamment de notre programme de recherche EVEILs, l'évaluation de l'impact des ateliers de sensibilisation auprès des agents et des élus locaux pour accélérer la transition.

Depuis le début du mouvement social le 18 janvier dernier, les agriculteurs, éleveurs et leurs porte-paroles (syndicats agricoles, associations, organisations politiques, etc.) ont formulé de nombreuses doléances : revenus insuffisants, retards de paiement des aides européennes, colère contre les autres acteurs de l’agro-alimentaire tirant les prix vers le haut ou le bas, forte imposition de la main d’œuvre et du foncier, hausse du prix de l’énergie, traités internationaux défavorables ; mais aussi, poids des normes environnementales.

Si le conflit s’inscrit dans une longue tradition de mobilisation de la paysannerie en France et en Europe, la centralité qu’y occupe la question environnementale est plutôt caractéristique des vingt dernières années (même si elle n’était pas absente des conflits passés). Ceci pose la stimulante question du dialogue – possible ? – entre experts de l’écologie et agriculteurs.

Les recommandations que proposent les experts de l’écologie en matière d’agriculture sont-elles adaptées aux défis tels que décrits dans le mouvement des agriculteurs aujourd’hui ? La mobilisation et l’instrumentalisation de la thématique des normes environnementales par les manifestants et les commentateurs existerait quelle que soit la nature des littératures académique et experte sur l’environnement.

Cependant, il faut reconnaître que celles-ci montrent des limites évidentes. Elles ont certes cherché à les dépasser récemment, mais péniblement. En particulier, j’estime que, dans un désir de clarté, ces études gagneraient à analyser la mise en œuvre concrète des normes au-delà de considérations brèves et générales, comme elles le font trop souvent.

Même remarque au sujet de l’analyse des réalités socio-économiques, qui devraient être placées en leur centre plutôt qu’en leur périphérie : selon moi, et ceci depuis la grande crise économique mondiale de 2008-2011 au moins, la question des inégalités économiques que créent, renforcent ou réduisent les mesures environnementales ne peut plus être négligée. Ces deux lacunes existent dans la plupart des rapports d’expert sur l’environnement ; elles sont également présentes dans les documents de planification stratégique de l’État et des collectivités.

Réciproquement, la nature des discours du mouvement de révolte actuel questionne la responsabilité des agriculteurs en matière de gestion de l’environnement, et donc leur prise en compte des alertes que lancent les experts de l’écologie. On est frappé par le manque de visibilité que la plupart des soutiens structurés du mouvement donnent aux enjeux écologiques, y compris ceux qui sont des enjeux de survie de la filière à long terme : l’adaptation au changement climatique et la préservation de la biodiversité. Pourtant, leur prise en main sera nécessairement fortement tributaire des actions de la puissance publique, à commencer par l’État qui est la cible principale des agriculteurs en lutte.

Le 2 février, un article du Monde a titré : « Gabriel Attal tente d’éteindre la colère des agriculteurs en cédant sur l’environnement ». L’article a mis en avant la – nouvelle ! – « pause » décidée par le gouvernement dans le plan Écophyto, qui vise à réduire progressivement l’usage des pesticides (une requête de la FNSEA mais pas de la Confédération paysanne, évidemment).

Par ailleurs, il faut souligner la relative invisibilité de la question climatique dans les communications du gouvernement et des soutiens au mouvement. Pourtant, le secteur agricole contribue en France à hauteur d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. Il est également le secteur le plus affecté par les effets du changement climatique. Enfin, avec les écosystèmes forestiers, les sols agricoles constituent les principaux puits de carbone aujourd’hui, et leurs usages pourraient être réorientés dans l’avenir afin de capter une quantité de CO2 encore plus importante. Nous donnerons dans de prochaines publications des exemples précis des enjeux écologiques liés à l’agriculture tels qu’ils figurent dans des rapports d’experts régionaux portant sur les régions Nouvelle-Aquitaine et Île-de-France, et nous les ferons dialoguer avec les revendications des agriculteurs qui ont été récemment relayées dans la presse.

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